Xavier BERTRAND, ministre du travail, de l’emploi et de la santé, et Nora BERRA, secrétaire d’Etat chargée de la Santé, souhaitent que l’explantation des prothèses, même sans signe clinique de détérioration de l’implant, soit proposée aux femmes concernées. Cette proposition pourra intervenir lors de la consultation de leur chirurgien, déjà recommandée.
L'avis rendu par les agences sanitaires (Institut national du cancer, Institut de veille sanitaire, Afssaps), en lien avec les sociétés savantes, le 7 décembre 2011, indique qu'il n'y a pas à ce jour de risque accru de cancer chez les femmes porteuses de prothèses de marque PIP en comparaison des autres prothèses. Néanmoins les risques bien établis liés à ces prothèses sont les ruptures et le pouvoir irritant du gel pouvant conduire à des réactions inflammatoires, rendant difficile l'explantation.
Que dois-je faire si je porte des prothèses ?
Les femmes porteuses d’une prothèse mammaire doivent vérifier la marque de leur prothèse sur la carte qui leur a été remise. En l’absence de carte, elles doivent contacter leur chirurgien, ou à défaut, l’établissement où a été pratiquée l’intervention.
Que faire si je suis porteuse d’une prothèse PIP ?
Les patientes porteuses de prothèses PIP doivent consulter leur chirurgien afin de déterminer un rendez-vous dans les délais que le chirurgien estimera utile. A cette occasion, une explantation préventive même sans signe clinique de détérioration de l’implant leur sera proposée. Si elles ne souhaitent pas d’explantation, elles doivent bénéficier d’un suivi par échographie mammaire et axillaire tous les 6 mois. Toute rupture, toute suspicion de rupture ou de suintement d’une prothèse doit conduire à son explantation ainsi qu’à celle de la seconde prothèse. Avant toute explantation, quel que soit son motif, un bilan d’imagerie (incluant une mammographie et échographie mammaire et axillaire) récent doit être disponible.
Les actes d’explantation de prothèses PIP et les frais annexes qui y sont associés (échographies, mammographies, analyses, hospitalisation, examens de contrôle postopératoire) sont prises en charge par l’assurance maladie dans les conditions de droit commun détaillées sur le site AMELI consultable en cliquant sur ce lien.
Les tarifs servant de base au remboursement s’appuient sur les tarifs opposables fixés par la convention nationale ainsi que les actes correspondants listés dans la classification commune des actes médicaux. Il est demandé aux professionnels de santé concernés de ne pas pratiquer de dépassement d’honoraires sur ces actes.
Les règles de participation de droit commun sont applicables aux assurées concernées, quelque soit le lieu de réalisation de l’implantation. En conséquence, les patientes ne bénéficiant pas d’une exonération s’acquitteront du ticket modérateur applicable sur les consultations ainsi que la participation forfaitaire de 18 € pour ce qui concerne les actes techniques et le cas échéant, en cas d’hospitalisation complète, du forfait journalier hospitalier.
L’acte de reconstruction mammaire est pris en charge par l’assurance maladie pour les femmes dont la pose initiale d’implant relevait d’une chirurgie réparatrice. En ce qui concerne les femmes pour lesquelles l’implantation initiale a été réalisée dans un but esthétique, l’installation d’un nouvel implant ne sera pas prise en charge par l’assurance maladie. En conséquence, si elles souhaitent faire réaliser la pose d’un nouvel implant à la suite de l’acte d’explantation, l’établissement de santé ou l’installation de chirurgie esthétique assurant leur prise en charge leur communiquera au préalable un devis comportant l’ensemble des frais qu’elles devront acquitter en lien avec la pose du nouvel implant.